PARIS, 14 novembre (Reuters) - Le candidat français à la
Commission européenne, Thierry Breton, a bataillé jeudi pour
assurer de sa neutralité et de son engagement futurs face à des
eurodéputés sceptiques, qui ont mis en avant des risques de
conflits d'intérêts pour l'ancien PDG du groupe de services
informatiques Atos.
Avec constance et fermeté, l'ancien ministre de l'Economie
de Jacques Chirac - qui brigue le large portefeuille de la
politique industrielle, du marché intérieur, du numérique, de la
défense et de l'espace - a souligné lors d'un grand oral de
trois heures qu'il agirait "dans le seul intérêt général
européen" face aux interrogations répétées des Verts et de
l'extrême gauche, notamment.
La commission des Affaires juridiques du Parlement européen
avait décidé mardi, dans un vote serré (12 voix contre 11),
qu'aucune question ni audition supplémentaire n'était nécessaire
s'agissant de la déclaration d'intérêts de l'ancien PDG d'Atos.
Thierry Breton, 64 ans, se présentait devant les eurodéputés
dans un contexte particulier, sa candidature ayant été proposée
après le rejet de celle de Sylvie Goulard, précisément pour des
soupçons de conflits d'intérêts et son implication dans
l'affaire des emplois présumés fictifs du MoDem au Parlement
européen. et
"Quand on a eu plusieurs vies en une vie et qu'on peut se
présenter devant vous ici et aujourd'hui, c'est que la notion de
conflit d'intérêts et d'éthique est un sujet que l'on porte au
plus profond de soi", a-t-il plaidé en préambule de son
audition, s'affirmant "radical" sur ce sujet.
"Je me présente devant vous sans plus aucun intérêt
patrimonial dans aucune entreprise", a-t-il souligné.
"JE NE VAIS PAS ME DÉPORTER"
Thierry Breton, qui fut également président de France
Télécom et Thomson, a "pris les devants" en cédant toutes ses
parts dans Atos, qu'il a quittée le 31 octobre, et son
ex-filiale Worldline. Il a également renoncé aux mandats qu'il
exerçait au sein des conseils d'administration de Wordline,
Carrefour, Sonatel et la filiale française de Bank of America.
"J'entends les interrogations de ceux qui pensent que parce
que j'ai exercé des responsabilités dans telle ou telle
entreprise, je pourrai éventuellement un jour, potentiellement,
les privilégier. Cette éventualité est strictement impossible",
a-t-il assuré.
Les interrogations des eurodéputés portaient notamment sur
les secteurs couverts par son portefeuille, comme la
cybersécurité ou l'intelligence artificielle, en lien avec Atos.
"Je ne vais pas me déporter du secteur, ce serait une
aberration", a-t-il déclaré, en réponse notamment à des
questions à ce propos des élus français Marie Toussaint (Verts)
et Manuel Bompard (Gauche unitaire européenne, GUE).
"Je ne me déporterai que lorsqu'il y aura éventuellement des
contrats, des relations financières qui viendront à moi et que
je n'aurai pas à connaître. (...) Mon indépendance, je vous le
garantis, elle sera totale", a-t-il poursuivi.
Thierry Breton s'est en outre engagé à ne jamais recevoir
"seul dans s on bureau un membre d'une entreprise que j'ai
dirigée, de façon à ce qu'il n'y ait aucune ambiguïté".
Le candidat français sait pouvoir compter sur le soutien des
groupes "Renew" et du Parti populaire européen (PPE). La
présidente élue de la Commission européenne, Ursula von der
Leyen, a par ailleurs donné des gages aux socialistes en
modifiant mercredi, notamment, l'intitulé du portefeuille des
migrations, rebaptisé "Promotion du mode de vie européen", et
non plus "Protection".
Thierry Breton a en outre promis jeudi, dans une invite aux
Verts, à contribuer à "un 'Green deal' ambitieux pour faire de
l'Europe le premier continent neutre carbone à l'horizon 2050."
(Rédaction de Paris)
UE-Breton assure les eurodéputés de sa neutralité et de son indépendance
information fournie par Reuters 14/11/2019 à 16:09
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